Combattre l’injustice par l’évolution



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Face à des situations données, nous ne sommes pas égaux dans la réaction. Certains n’auront aucune réaction, d’autres vont positiver la situation et d’autres enfin vont vivre très mal la situation. Notre réaction face aux situations est liée à notre caractère mais aussi à notre éducation et nos habitudes.

On voit bien que dans le temps, l’intensité des réactions va évoluer. Par exemple, un enfant à qui on va offrir un cadeau sera souvent très content. 30 ans après, éprouverez vous la même joie lorsque l’on vous offre un petit cadeau? Souvent non car ce geste est devenu plus insignifiant pour vous et vous attachez une importance plus grande à la qualité des relations qu’à la beauté des cadeaux que l’on peut vous faire. A l’opposé, un exemple « négatif », un enfant qui va tomber aura souvent le réflexe de se mettre à pleurer pour exprimer sa détresse face à la situation (et parfois aussi la douleur). 30 ans plus tard, la même chute ne provoquera que rarement les pleurs. On voit donc bien qu’avec l’habitude et la maturité, nos réactions ont tendance à se lisser.

Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas car ce n’est pas toujours aussi simple. J’ai souvent tendance à penser que plus on a eu une enfance difficile avec un certain nombre de traumatismes et plus on est armés pour affronter les difficultés de la vie. Ce n’est qu’en partie vrai car les traumatismes de la vie sont aussi des blessures souvent mal cicatrisées qui peuvent laisser en nous une sensibilité accrue face à certaines situations pourtant anodines. Pour autant, je suis relativement convaincu du fait qu’une personne qui n’aura rien vécu de difficile aura beaucoup plus de mal à accepter de grosses difficultés (maladie, décès, divorce, chômage) lorsqu’elles surviennent tardivement dans l’existence.

Tout l’art de l’évolution consiste donc à prendre en compte les difficultés, en retirer un certain nombre d’enseignements pour mieux accepter et passer au delà des difficultés futures. Je vais prendre l’image du boxeur qui se prend un direct du droit et se retrouve au tapis. La fois suivante, il sera plus vigilant et mettra un casque pour que l’intensité du coup reçu soit moins violente à supporter. Le coup sera toujours là, vous ne pourrez éviter les difficultés de l’existence. En revanche, vous pourrez influer sur la manière dont les coups reçus vous atteignent.

Face à une situation difficile, la première chose est de bien en analyser les tenants et les aboutissants. Il faut reconnaître la situation susceptible de créer en nous des troubles (anxiété, dépression, etc…). Ceci peut se faire de manière très simple. Souvent votre corps va réagir avant que votre conscience ne se réveille. Fatigue, irritabilité, tristesse, manque d’appétit, tension musculaire et bouffées de chaleur sont autant de signes qui doivent vous faire vous poser des questions. A partir de là, il faut casser le cercle vicieux du « je me sens mal physiquement donc je vais mal psychologiquement et inversement si je vais mal psychologiquement, ça finit par se traduire dans mon corps ». Pour casser ce cercle vicieux, il faut prendre du recul, imaginer ce que serait la réaction d’une personne équilibrée et mature face à la situation et l’évolution de cette réaction à moyen terme.

La plupart du temps, si vous avez la lucidité suffisante pour faire preuve d’objectivité (ce qui n’est pas évident au départ), vous vous rendrez compte que la situation vécue est classique, qu’elle fait partie de la vie et que par conséquent, il n’y a pas lieu de remettre en cause un certain nombre d’acquis de votre personnalité face à cette difficulté nouvelle. En outre, je me dis souvent que le meilleur médicament face à une difficulté, c’est le temps. Avec le temps va, tout s’en va, c’est une réalité. Donnez donc du temps au temps.

Puis une fois la difficulté passée, il faut prendre le temps de l’analyser pour en tirer des leçons. On ne se souviendra souvent plus de l’intensité de notre réaction initiale mais analyser la situation à posteriori de manière détachée permettra d’adapter son comportement lorsqu’une situation similaire se présentera de nouveau à vous. C’est l’apprentissage de l’évolution.

Donc pour résumer, il faut identifier la situation, prendre du recul et se demander ce que ferait une autre personne face à cette situation puis l’analyser lorsqu’elle est passée afin d’en tirer des leçons pour l’avenir.

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10 réponses à Combattre l’injustice par l’évolution

  1. Jean-Marc PETIOT dit :

    Bonjour et … merci.
    Voici exprimé en mot justes et au bon nombre ce que je ressent depuis que je suis victime de la justice des hommes.
    La lecture de ces quelques lignes m’a fait un peu de bien, mais que c’est dur !
    Amicalement
    JMP

  2. Moi dit :

    Bon courage et merci pour ton commentaire élogieux.

  3. Guillaume dit :

    Merci! Je me sens déja mieux… =)

  4. kouame joseph dit :

    merci, il ya des moments ou tu as besoins que quel qu’un te dise des choses bien. mon probleme c’est que j’a besoins de plus, souvenez vous nous sommes nombreux dans ce cas a en souffrire de ce mal, encore merci

  5. kari dit :

    merci pour ces lignes d’encouragement , cela ma fait réfléchir et que tous et passager .La force est dans notre esprit et a nous de le controler *

  6. nadine dit :

    Tout ça est bien réel. La vie est faite de bons et de mauvais moments afin que nous puissions nous forger. La mémoire sélective nous permet de ne garder que les meilleurs moments pour avancer et être plus fort psychologiquement. Sur le moment, c’est difficile à surmonter, parfois acculés face à la réalité, mais après, nous sommes heureux d’avoir pu relever ces défis parfois difficiles, c’est une victoire pour notre moral et notre avenir. Le temps est bien notre meilleur ami et grâce à lui, nous sommes plus forts au fil des ans. A nos proches, on leur dirait « soit courageux et ne te laisse pas abattre » alors, appliquons et répétons-nous cette devise pour nous aussi.

  7. Sophie dit :

    J’aime vraiment vous lire. Vous mettez exactement les mots sur ce que je ressens.
    Merci. Aujourd’hui je me sens mieux qu’hier, après avoir lu votre blog et les encouragements de mon entourage j’ai envie de me battre même si au départ il faut se mettre un sacré coup de pied aux fesses je pense que ça vaut le coup.

  8. moi dit :

    Merci Sophie, c’est très gentil de votre part, cela me fait très plaisir!

  9. milia dit :

    bonjour,
    En vous lisant, cela m’a permis d’apprendre plus sur moi même.
    Je remarque que les difficultés son un moteur qui nous pousse sans cesse afin d’aller au delà de ces limites, et lorsque l’on pense que la limite est franchie on s’ aperçois qu’il nous reste toujours des ressources inimaginable qu’on ne soupçonne pas.

  10. Mar dit :

    Bonjour, ce que vous dites est la base de toute reflexion personnelle. Qu’en est-il pour un enfant qui subit beaucoup trop d’injustices? Mon fils de 16 ans qui n’est pas épargné par la vie fait face avec un courage et une sagesse que tout le monde admire. Sportif de haut niveau, il rencontre la jalousie et les calculs vicieux de son entraineur pour ne pas le montrer aux grands clubs. Il avale, montre qu’il est le meilleur mais l’entraineur le saque encore et toujours. Il a beau positiver, l’injustice est en train de le miner avec juste raison. Un adulte aurait déjà baissé les bras. Je suis inquiète car dans ce monde cruel, les personnes douées de coeur et de qualités sont la plupart du temps broyées par la méchanceté ambiante. Et quand il s’agit d’un enfant avec la beauté, la gentillesse et certains dons, c’est encore pire. On dirait que quoi que l’on fasse, ceux qui ont le pouvoir dans tous les domaines sont vraiment dépourvus de qualités de coeur.
    Que peut-on dire et faire pour un gamin trop tendre pour ce monde de compétition où « bouffer l’autre tout cru sans état d’âme » parît être le seul moyen d’arriver?
    Et franchement, je suis convaincue que le bonheur est le seul chemin pour être heureux. Les difficultés, les épreuves blessent, font souffrir et marquent avec la souffrance. Tant qu’on justifiera la cruauté de l’homme et lui donnant le pouvoir suprême de l’évolution, on cautionnera la malheur. Tant qu’on se cachera derrière le fait que les épreuves sont des « amies » on continuera à vivre dans un monde dont le but est de souffrir pour avancer. Pourquoi personne ne dit que le bonheur, la gentille, le coeur sont les seuls moyens réels d’être heureux? Pourquoi toutnle monde accepte si facilement la souffrance et passe une vie à subir, à infliger aux autres cette souffrance?
    L’humain n’est pas programmé bonheur! Il n’y a qu’à regarder les infos, Isarël, la Syrie et toutes les guerres, elles aussi, on les justifie, on se repèt de les voir, on les commente, mais on ne les fait pas cesser, on les alimente!!! Ahlala! Drôle de planète, drôle de monde où les meilleurs sont massacrés…
    Merci bonne journée Mar

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