Face à une situation douloureuse, on se demande souvent « pourquoi est ce que cela m’arrive à moi? ». Certains penseront que c’est Dieu qui nous soumet à une épreuve. D’autres y verront une simple fatalité. D’autres enfin ne chercheront pas d’explication et accepteront la situation comme elle se présente.
Je crois que l’on touche là à une conception très individuelle de l’existence. Chacun réagira différemment face à une situation. En cherchant à découvrir l’origine d’une situation, on ne fait rien d’autre que d’essayer de la justifier pour lui donner une certaine rationalité. Car tout ce qui est du domaine de l’irrationnel est par nature inquiétant. Mais n’y a t’il pas là une erreur d’appréciation? Ne serait-il pas plus simple d’accepter dès le départ que la plupart des situations sont rationnelles même si elles ne sont pas habituelles et que donc il n’y a aucune raison d’y chercher autre chose que l’expression de la vie?
Au fond, la vie n’est pas juste ou injuste, rationnelle ou irrationnelle. Elle est simplement une suite d’événements que nous apprécions d’une manière plus ou moins douloureuse suivant nos habitudes. Je reprends l’exemple du jeune africain qui n’a pas assez à manger. Si un jour on lui donne un bol de riz, il ne trouvera pas cela injuste ou douloureux. En revanche, si vous donnez le même bol de riz à un américain habitué à manger beaucoup, il trouvera cela difficile voire anormal. On peut appliquer cela à beaucoup de situations. Il y a toujours une échelle d’appréciations très large pour évaluer la pénibilité de chaque situation. En faisant évoluer un peu notre position sur cette échelle par un point de vue plus objectif et moins centré sur soi-même, on peut rationaliser une situation et donc la vivre de manière moins douloureuse. C’est bien entendu plus facile à dire qu’à faire mais avec un certain entraînement, on arrive à prendre du recul et effectuer la transition psychologique nécessaire pour accepter une situation.