Lors de l’une de mes thérapies, un psychologue m’a proposé de tenter de me forger une bulle imaginaire de protection. Il sentait alors que j’étais très vulnérable aux attaques extérieures. Afin de ne plus être atteint par ces agressions du quotidien, il m’a suggéré d’imaginer que j’avais autour de moi une bulle et que chaque coup reçu rebondissait sur cette bulle et n’arrivait pas jusqu’à moi.
Inconsciemment, j’ai réussi à mettre en place cette bulle. Elle s’est révélée assez efficace dans un certain nombre de situations. Elle n’a pas pour autant résolu mes problèmes et ne m’a pas empêché de tomber très bas dans certains cas.
Autre souci, si cette bulle permet de repousser un certain nombre d’attaques, elle limite aussi les interactions avec le monde extérieur. Ainsi, de peur de souffrir, on finit par limiter très vite ses relations et les situations présentant un risque potentiel (même si ce risque est souvent fictif). La bulle devient alors complètement hermétique et on finit par se couper dans une certaine mesure de la société.
La dépression est une chute brutale de la pression. Pour ne pas sombrer dans la dépression, l’être humain a besoin de pouvoir réguler sa pression psychologique interne. Le système de la bulle a tendance à faire augmenter la pression. Elle augmente certes moins vite que si l’on fait attention à tous les événements négatifs ou neutres comme avant sa mise en place. Mais comme on ne profite pas vraiment des événements positifs et qu’on dispose de moins d’occasions de faire retomber la pression, petit à petit, la pression à l’intérieur de la bulle augmente et elle finit par éclater comme un ballon trop gonflé. C’est alors la dépression.
J’ai vraiment ressenti ce phénomène à plusieurs reprises. J’ai eu cette impression que tout n’allait pas vraiment mal sans pour autant aller vraiment bien. Puis quelques petits coups successifs ou un gros coup et boum, la bulle explose et c’est la chute. C’est pour cela que je pense que l’une des causes de la dépression est un certain isolement (voulu ou subi). Il y a plusieurs manières de combattre cet isolement. Le problème est que la personne fragile rencontre beaucoup de difficultés pour se motiver à réaliser un certain nombre de tâches qui lui permettraient pourtant de faire redescendre la pression et éviter ainsi une chute brutale.
Cet article m’a fait quelque peu sourire même si, je le conçois très bien, ce n’est pas drôle du tout.
Je vois un psy aussi parce que je suis devenue asociale, je me suis crée une bulle, d’où je ne sors pratiquement jamais. En gros je me cache.
Pour ma part, ça a été d’abord un isolement subi puis petit à petit ça a été voulu, je ne ressens pas le besoin d’être avec qui que ce soit.
C’est peut-être complètement idiot et étrange ce que je dis mais après tout on m’affirme que je suis bizarre. Ouais, pourquoi pas, je vais pas les contredire…
J’ai un humour cynique, comme beaucoup de gens dépressifs. Cela ne fait pas toujours rire, sauf les gens ayant un peu le même humour qui le comprennent et l’apprécient…
La bulle a malheureusement des inconvénients malgré les avantages qu’elle présente au départ. En effet, au début, tu ressens moins les agressions du monde extérieur mais au final, cela devient presque l’encéphalogramme plat, il ne se passe plus rien, à tel point que lorsqu’il se passe quelque chose, c’est très mal vécu car on n’en a plus l’habitude.
Pour sortir de la bulle, ce n’est pas facile car on se sent comme un chat sans ses poils, n’importe quel coup de vent nous fait très froid. Mais ce n’est qu’une sensation, il faut prendre conscience du fait que notre sensibilité est exacerbée et à partir de là, on peut petit à petit se resociabiliser un peu…
Le cynisme, je connais bien, je l’utilise souvent avec l’ironie et les sarcasmes ( mais bon ça c’est parce que je suis méchante )
Le problème, c’est que je n’ai pas envie d’être sociable, je ne veux pas avoir affaire à l’être humain surtout l’être humain de mon âge qui me dégoûte, me répugne chaque jour de plus en plus.
Seule la solitude peut m’accompagner.
La bulle a des inconvénients c’est sûr, mais pour ma part il ne se passe rien ou du moins plus rien qui puisse me faire encore plus de mal.
C’est comme si je ne ressentais plus rien à part cette fidèle tristesse.
Tu es dans cette phase où ta situation ne te plaît vraiment mais elle ne te déplaît pas assez pour que tu t’en sortes… Il faut du temps pour s’en sortir, prends ce temps en avançant à petits pas.
Oui tu as sûrement raison, je ne peux pas dire que tout ça me déplaît non ça serait mentir.
Tu as dit que je faisais de la tristesse une personne, et c’est tout à fait ça.
C’est comme si je faisais d’elle une amie fidèle qui pourrait me comprendre qui ne me lâcherais pour aucune raison…
Dis toi que le bonheur peut être une autre personne plus agréable et toute aussi fidèle pour peu que tu l’entretiennes un peu au quotidien. En même temps, je dis cela, c’est très facile à dire mais je suis bien incapable moi même de mettre cela en oeuvre en ce qui me concerne mais en revanche, je sais que c’est ce qu’il faut faire…
Il est évident que ça peut-être une autre personne mais il m’est difficile de faire ça. J’ai tellement l’habitude d’être seule que maintenant j’aime ça.
Etre avec des gens me gêne, je ne me sens pas à ma place du tout.
Tu peux commencer à retrouver une certaine forme de bonheur sans beaucoup te socialiser en pratiquant des activités qui te plaisent.
Oui faire des choses qui me plaisent, encore faut-il en avoir… La seule chose qui me plaise dans ce monde c’est les livres, je passe mes journées et mes nuits à lire. C’est déjà bien tu me diras…
En cherchant sur le Web ,je n’avais pas vraiment trouvé de textes à lire sur la (ma)depression et là sans chercher je tombe sur ton blog..
C’est interressant parce que exactement mon etat d’esprit depuis ..quelques années;je veux faire mais je ne fais pas;je veux dire mais je ne dis pas ou alors à moi meme.En fait je dialogue beaucoup trop avec moi meme.
Et pourtant ce qui me caracterise le plus c’est mon envie de dialogue, sans doute plus de moi que des autres encore que souvent on met en avant mon empathie.J’ai pour bequille la musique et j’en joue.Seulement voila depuis le plongeon,je ne sais plus jouer ou alors c’est douloureux.Cette bulle dont tu parles,voila un truc qui ma fait peur parce je crois vraiment que cela m’otera mon envie de communiquer.
Dom,
Merci pour ton commentaire. Il faut que tu comprennes que cette bulle que tu t’es construit, tu peux en sortir tout comme tu y es entrée. Pour cela, il faut de la volonté et c’est le début qui est le plus difficile mais c’est possible. C’est une situation réversible. Pourquoi n’essayes tu pas de commencer par communiquer sur des sujets que tu apprécies comme la musique avec des gens que tu ne connais pas? Il y a plein de lieux où le faire.
Bon courage!