Je compare souvent la dépression à un tunnel sombre. Ce qui me frappe toujours lorsque je me rends compte que je suis entré dans le tunnel d’un épisode dépressif, c’est que je ne l’ai pas vraiment vu venir. Tout allait bien ou presque et puis un événement ou une série d’événements suffisent à faire entrer dans ce tunnel sans que l’on s’en rende vraiment compte au départ. Par contre, une fois que l’on y est, il faut en trouver la sortie et cela peut parfois être très long. C’est une lutte permanente contre soi-même. On alterne entre la difficulté de comprendre notre réaction face à un événement et la douleur de l’accepter. On finit par se rejeter, ne plus s’aimer. Ceci peut alors mener à des scénarios d’auto-destruction relativement pénibles à endurer et compliqués à juguler.
Nous traversons pourtant tous un tunnel, que nous soyons dépressifs ou pas. La différence est que les personnes dépressives ont besoin de plus de luminosité que les autres pour y voir clair et trouver leur chemin. Le tunnel n’est pas forcément différent au départ mais la vision que l’on s’en fait est radicalement différente. C’est en cela que des événements mineurs pour certains deviendront très pénibles pour les personnes dépressives.
Vous l’aurez compris, la difficulté pour le dépressif face à un événement douloureux est donc d’arriver à retrouver rapidement une vision neutre et équilibrée de la réalité afin de ne pas sombrer. Ceci passe par la relativisation et la prise de recul. Mais cela ne s’improvise pas et demande un certain entraînement avant de pouvoir être efficace.
Je suis donc entré dans ce tunnel un matin et depuis j’en cherche la sortie. Parfois, j’ai cru l’apercevoir. Souvent, ce n’était qu’un trou de lumière par lequel je n’ai réussi à m’extraire. Suis je pour autant condamné à supporter ce tunnel sombre ad vitam eternam? Non, je ne crois pas. Tout est question de volonté et il ne tient qu’à moi de changer cette vision que je me fais de cet environnement. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens.
En effet c’est plus facile à dire qu’à faire… J’ai la même vision des choses : un tunnel, et le mien je l’ai surnommé le tunnel de la désespérance, pas très joli je te l’accorde mais après tout ce n’est pas fait pour ça.
Moi aussi j’ai souvent cru en voir la fin mais que de veines illusions. Je me suis aperçue qu’il fallait arrêter d’espérer, car la tristesse est encore plus douloureuse, cette tristesse qui , j’ai l’impression me tue avec une précision sadique.
Tu parles de la tristesse comme si elle était une personne extérieure à toi qui vienne te pourrir la vie mais tu devrais te rendre compte que ce sont tes pensées qui te rendent tristes. Tu as en toi la possibilité de t’en sortir si tu le veux. Personne ne peut le décider à ta place. Il n’y a que toi qui puisse te dire un jour : « j’en ai marre, je veux aller bien et je vais m’en sortir ». Il faut beaucoup de volonté, c’est très difficile mais chacun a les ressources en soit pour y arriver. Après bien entendu, un soutien psychologique peut t’aider et guider pour arriver au bout du tunnel. Mais il faut déjà intégrer le fait que tu détiens les clés de ta propre rémission.
j’ai l’impression de lire ce que je ressent. Même en VOULANT aller bien, je ne réeussit jamais. Parfois j’ai l’impression que c’est finis, que j’ai trouvé la sortie, et puis je replonge immancablement. Je finis par me dire que je ne m’en sortirais jamais. C’est une situation qui dure depuis longtemps, et même après avoir vu et revu Psychologue et Psychiatre, rien n’y fait… ça doit être dans mon caractère… avoir mal pour se sentir exister, quand il n’y a personne autour pour nous soutenir…
Il ne faut surtout pas se décourager. Dans la vie, la roue tourne toujours. On a des hauts et des bas. On a tous une certaine aptitude au bonheur. Après, elle a plus ou moins de difficultés à émerger suivant les individus.
Que cela soit au niveau des médicaments ou de la thérapie psychologique, il n’y a pas de remède miracle. On réagit chacun de manière très différente. Il faut donc souvent en essayer plusieurs avant d’en trouver qui nous permettent d’avancer. L’échec est frustrant mais il n’est pas complètement négatif car il nous permet d’avancer en sachant ce qui ne fonctionne pas, cela permet de mieux se connaître. Le pire en matière de dépression, c’est probablement de ne rien faire car on laisse alors la dépression s’installer et faire des ravages et il est ensuite beaucoup plus dur de s’en débarasser durablement.
Bref, il ne faut pas perdre espoir. Il y a beaucoup de gens qui sont heureux alors pourquoi pas nous après tout?
le bonheur est un état d’esprit qui demande travail et connaissance de soi, le malheur est gratuit, il ne demande pas d’effort…le bonheur lui est un travail de tout les jours. Je préfére voir le verre a moitié plein qu’a moitié vide, meme si je sais qu’il est aussi a moitié vide. Je vous conseil de vous interesser a la sophrologie, a la philosophie bouddhiste…voici une chose que j’ai appris et qui m’aide beaucoup dans ma vie….acceptes ce pour quoi tu ne peux rien et fais en sorte de changer ce qui est possible de changer…. j’essaye toujours de tourner mon esprit pour que la situation devienne supportable…bien sur meme si j’ai cette façon la de penser il me faut toujou
rs un certain temps pour y arriver, mais je vous indique par la juste une de mes armes pour ne pas sombrer dans ce monde parfois dépriment!!
Oui c’est sans doute ce qu’il y a de mieux à faire pour se guérir c’est de ne pas s’installer dans une routine qui nous conduit à encore plus de dépression. Mais c’est facile à dire, car plus d’envie plus d’envie de manger ce qui entraine de la fatigue et plus on est fatigué plus on est pas bien irritable…je vis dans un paradoxe entre l’envie d’avancer et l’envie de ne rien faire de baisser les bras d’en finir et pourtant je sais très bien que ce n’est pas LA solution. Je me demande si ça va s’arrêter un jour vous aviez dit que vous avez suivi une psychothérapie pendant 15ans…vous vous en êtes sorti.Mais je me dis que mes crises d’angoisse qui m’invalide pour assumer mon travail vont elles mettre autant de temps à partir??je suis obligée d’assumer un travail sans ça on s’en sortirai pas. et là je vais commencer un nouveau travail et j’ai peur que mes crises d’angoisses me fassent perdre mon travail…
Bonsoir Sophie,
La routine de la dépression est un cercle vicieux difficile à enrayer mais il faut s’y employer chaque jour en prenant de petites habitudes agréables qui nous font voir un autre horizon plus positif.
Chacun est différent. 15 ans de psychothérapie, cela peut sembler très long mais c’est un cheminement. Pour beaucoup heureusement, la thérapie aura été plus rapide. Vos crises d’angoisse sont le reflet de votre pensée. Si vous voulez vous séparer de votre angoisse, il faut modifier vos pensées. C’est plus facile à dire qu’à faire mais en prendre conscience est déjà un grand pas en avant. Essayez de procéder par étapes. Evaluez les situations de manière objective, demandez vous ce que la plupart des gens penseraient à votre place. Fixez vous de petits objectifs et célébrez leur atteinte. Ainsi vous progresserez.
Merci beaucoup de m’avoir répondu.
et voilà c’est la rechute la vue du tunnel sombre sans issue me revient…
Crises d’angoisse, malaise vagal après 3 semaines de travail voilà que depuis samedi je ne me sentais pas bien et hier malaise. Je suis arrêtée depuis hier et je dois normalement reprendre jeudi je ne sais plus quoi penser…alors que j’arrivais à sortir du cercle vicieux patatrac je rechute et je ne me sens pas de reprendre le travail c’est encore une fois que ça m’arrive alors que je dois travailler…aurai je la phobie du travail? de ne pas y arriver? stupide idée alors que j’y suis arrivée jusqu’à maintenant je suis complètement perturbée et déstabilisée. Je ne sais pas quoi faire entre l’idée qu’il faut que je dois me soigner et le fait que je dois travailler le travail ne me gène pas mais le fait de faire des crises d’angoisse au moment ou je travaille ça commence à m’énerver que vont penser mes employeurs à force…demain j’ai rendez-vous chez un médecin psy j’espère être éclairé encore…quand je pense à mon mari qui gère toute cette situation ça doit vraiment pas être évident pour lui je me sens coupable et j’ai peur que lui pète les plombs un jour à force de devoir me gérer. Je ne sais plus quoi penser je ne sais pas quoi faire??? je me sens totalement perdue. J’en ai marre de vivre dans ce monde pourri qui me fait peur et j’en ai marre de ne pas vivre ma vie à fond de profiter de chaque instant au lieu de ça je suis anxieuse sans cesse…
…. une bonne lecture qui pourra vous aider à approfondir les affres de la dépression : « Le
trente-sixième dessous » de Pierre Daninos (paru en Poche).
C’est la 1ère fois que je mets un message sur un site de dépression…Il faut bien se lancer.
J’ai 34 ans, et je suis dépressive…j’ai tout pour être heureuse, pourtant -un mari aimant, 2 enfants magnifiques, un autre prévu pour Décembre… Mais ma confiance en moi est au niveau zéro. Cadre dans une entreprise, je vais au travail à reculons. Depuis 2 mois, je suis sous AD Anafranil, et j’aimerais vraiment sortir de ce gouffre. C’est difficile d’être dans cet état, il y a des jours où je vais mieux, où je me dis que je vais guérir bientôt….mais des jours, trop de jours sans. Je viens d’aller voir un autre psy sous le conseil d’une amie, quelqu’un d’un peu allumé, mais qui me dit, contrairement à mon psy, que je peux guérir, vraiment, avec une psychothérapie…Je vais voir, et ce que je veux c’est vraiment y croire
C’est clair que ca vous arrive a un moment ou on s’y attend pas…j’essaie de voir le verre a moitie plein en me disant d’avoir simplement de la chance de pouvoir manger a ma fin. de me vetir , de pouvoir me faire plaisir,,,mais rien a faire la tristesse est toujours la….tristesse inexpliquee, j’ai quelques mois de purs bonheurs et de tranquilite avec mon esprit et le spectre de la depression refait surface…….j explique mon mal par une deficience chimique de mon cerveau je pense car je suis comme ca depuis ma plus tendre enfance… et oui c est possible de naitre avec un probleme a ce niveau
Je suis passee par toutes les phases ._: tentative de suicide, boulimie, anorexie , tentative sur tentative, isolement sans sortir de mon lit pendant des jours, phobie des gens et du reflet dans le miroir, peur immense du jour qui se leve….brefs vraiment atteint le gouffre, et la j ai 27 ans et j en ai pas fini avec cette fichu maladie
comme chaque année , les lumières s’allument un peu partout, dans les rues ,les magazins , de plus en plus , elles scintillent ,elle me traquent , me rattrappent , et puis me submergent , et m ‘anéantissent ,
je vis dans un pays d’operette , ou les gens se réunissent en famille , sont heureux , se font des voeux, des cadeaux,
je commence à paniquer , nous ne sommes meme pas a mi-novembre, ca fait combien de jours a tirer , ca vat etre ancore très dur cette année
mais au fait , pourquoi m’y soumettre , cette année encore , pourquoi cette torture ,
pourquoi serrer les dents jusqu’ à ce que ce tout le monde se soit feté bonne année , comme si ils ne savaient pas qu’ une autre année de merde allait se dérouler ,
ouvrir une autre page blanche , s’ obliger a etre positif , créatif , entreprenant ,
ouaih , c’ est ca …
et si il y avait une autre solution , partire en Inde ?.. sur la planète Mars ,…
bonjour a toutes et tous. je connais bien la depression , qui a commencé pour moi en 1994 en école preparatoire (stress, et surtout en aout 1993 j ai appris un lourd secret familial qui m a anéanti). j ai abandonné mes etudes n étant plus capable de continuer et n étant plus celui que j étais avant. resultat: environ 6 années de ma jeunesse perdues dans les tocs, l’isolement, les tourments… en 2000 j ai refait surface, je me suis a nouveau ouvert vers le monde exterieur, les femmes que je ne connaissais pas avant.Une des plus belle années de ma vie, ou l’espoir et la confiance en soi étaient revenus et l acceptation du nouveau moi de 1994 que je rejetais auparavant. Je me suis impliqué dans mon travail(maraicher aprés reprise de l exploitation familiale), j’étais fier de progresser dans ce domaine. en 2001 je fis la connaissance de celle qui allait etre ma femme .Mais grave erreur, je me suis menti a moi meme pendant plusieurs années, je n’aimais pas cette femme au sens amoureux du terme, c’était elle ma confidente, celle qui m’aidait, elle qui faisait les efforts, elle m’aimait eperdument.
logiquement au fil des années, l’ amour s est effiloché, je ne la désirais plus et ne parvenais plus a jouir de maniere naturelle( j’étais sous antidepresseurs depuis 2003)
alors que je trouvais une certaine sécurité dans cette vie et que je me consacrais essentiellement a mon travail, ce qui devait arriver arriva, non sans courage de sa part, ma femme mit fin a notre relation, fatiguée d aimer sans l’être reellement, en aout 2010.Un petit miracle sans le chercher arriva dans la foulée, je tomba amoureux d’une employée que j avais en septembre 2010. Nous étions en phase,un sentiment nouveau d’etre moi completement, je reapprenais tout a partir de zero mais cette femme fort belle et intelligente avait aussi un passé, des douleurs internes, un blindage acquis au fil des années.elle mit fin a ce beau debut passionnel en janvier 2011, alors rentrée dans une de ses phases ou elle n’était pas bien.Une fois encaissé ce premier choc, j’ ai vecu une vraie vie de celibataire, sorties ,aventures, alcool de plus en plus présent( j avais commencé a boire regulierement en 2006), j étais bien et libre bien qu incertain de l avenir.Mon amour me revint en mai 2011, cette fois ci je me disais et elle aussi que ca ne serait pas une histoire de 3 mois comme la premiere fois, nous y croyions, elle se laissait enfin aller a ses sentiments, motre amour grandissait et elle évoquait le fait de vouloir un jour un enfant de moi, j étais aux anges debordant d energie mais cela n’allait pas durer…Sans savoir pourquoi elle rentra a nouveau dans une de ses periodes sombres fin juillet.Mais cette fois ci je n’accepta pas sa prise de recul soudaine, une certaine froideur et tristesse de sa part incompréhensible pour moi.Le spectre d’une seconde rupture comme en janvier avec elle , fût omnipresent.Me sentant repoussé alors q’une semaine auparavant tout allait bien, je peta un cable, monta chez elle un vendredi soir, nous eumes une dispute, je la bouscula(pas de coups en aucun cas), des jeunes voisins alertés par le bruit firent irruption dans le couloir et je me fis casser la geule par une bande de rugbymen).Environ un mois s’ecoula ou nous avions le cul entre 2 chaises, qqchose s’était brisé, aprés un magnifique barbecue un samedi soir, j avais repris espoir, nous nous tenions la main , enlassions avec tendresse. Le lundi matin, 28 aout, elle decida de tout arreter. Cette fois ci j allais m ecrouler pour de bon tant j aimais cette femme.
Automne en enfer, travail baclé,je noyais mon chagrin dans l alcool jusqu a un point de non retour (environ 1l de whisky par jour), la vraie depression celle qui nous dit qu il ny a plus d espoir, la mort comme seule issue.Dans un reflexe de survie, voyant que j allais a ma perte je fis un sevrage d alcool en clinique fin novembre.aujourdhui 25 decembre, je ne bois plus mais mes pensées ne sont pas plus optmistes et se tournent toujours vers elle.Je ne sais comment occuper mon temps libre (de part mon métier en hiver c est trés calme), et le passe encore a ruminer sans savoir ou je vais et avec ce sentiment de solitude harassant. J espere renaitre bientot et reprendre gout a la vie neanmoins.
Le tunnel … Quand je m’y suis engouffré bien malgré moi j’ai acheté un tableau avec un proverbe africain…
Je n’ai eu cesse de le regarder,
Il disait :
« Celui qui marche dans le noir y voit plus clair » .. Une fois les yeux habitués à l’obscurité, j’ai vu … j’ai corrigé …
Je souffre encore mais j’entrevois le bout du tunnel