Le tunnel



Je compare souvent la dépression à un tunnel sombre. Ce qui me frappe toujours lorsque je me rends compte que je suis entré dans le tunnel d’un épisode dépressif, c’est que je ne l’ai pas vraiment vu venir. Tout allait bien ou presque et puis un événement ou une série d’événements suffisent à faire entrer dans ce tunnel sans que l’on s’en rende vraiment compte au départ. Par contre, une fois que l’on y est, il faut en trouver la sortie et cela peut parfois être très long. C’est une lutte permanente contre soi-même. On alterne entre la difficulté de comprendre notre réaction face à un événement et la douleur de l’accepter. On finit par se rejeter, ne plus s’aimer. Ceci peut alors mener à des scénarios d’auto-destruction relativement pénibles à endurer et compliqués à juguler.

Nous traversons pourtant tous un tunnel, que nous soyons dépressifs ou pas. La différence est que les personnes dépressives ont besoin de plus de luminosité que les autres pour y voir clair et trouver leur chemin. Le tunnel n’est pas forcément différent au départ mais la vision que l’on s’en fait est radicalement différente. C’est en cela que des événements mineurs pour certains deviendront très pénibles pour les personnes dépressives.

Vous l’aurez compris, la difficulté pour le dépressif face à un événement douloureux est donc d’arriver à retrouver rapidement une vision neutre et équilibrée de la réalité afin de ne pas sombrer. Ceci passe par la relativisation et la prise de recul. Mais cela ne s’improvise pas et demande un certain entraînement avant de pouvoir être efficace.

Je suis donc entré dans ce tunnel un matin et depuis j’en cherche la sortie. Parfois, j’ai cru l’apercevoir. Souvent, ce n’était qu’un trou de lumière par lequel je n’ai réussi à m’extraire. Suis je pour autant condamné à supporter ce tunnel sombre ad vitam eternam? Non, je ne crois pas. Tout est question de volonté et il ne tient qu’à moi de changer cette vision que je me fais de cet environnement. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens.






2 commentaires sur “Le tunnel”

  1. Karine dit :

    En effet c’est plus facile à dire qu’à faire… J’ai la même vision des choses : un tunnel, et le mien je l’ai surnommé le tunnel de la désespérance, pas très joli je te l’accorde mais après tout ce n’est pas fait pour ça.
    Moi aussi j’ai souvent cru en voir la fin mais que de veines illusions. Je me suis aperçue qu’il fallait arrêter d’espérer, car la tristesse est encore plus douloureuse, cette tristesse qui , j’ai l’impression me tue avec une précision sadique.

  2. Moi dit :

    Tu parles de la tristesse comme si elle était une personne extérieure à toi qui vienne te pourrir la vie mais tu devrais te rendre compte que ce sont tes pensées qui te rendent tristes. Tu as en toi la possibilité de t’en sortir si tu le veux. Personne ne peut le décider à ta place. Il n’y a que toi qui puisse te dire un jour : « j’en ai marre, je veux aller bien et je vais m’en sortir ». Il faut beaucoup de volonté, c’est très difficile mais chacun a les ressources en soit pour y arriver. Après bien entendu, un soutien psychologique peut t’aider et guider pour arriver au bout du tunnel. Mais il faut déjà intégrer le fait que tu détiens les clés de ta propre rémission.

Laisser une réponse