Tout allait bien



La vie ne commence pas par la dépression. En ce qui me concerne, j’étais même plutôt un enfant très joyeux. J’avais toujours tendance à tout tourner en dérision, à rire de tout, à tel point que l’on me prenait pour un clown. Je pense que ma bonne humeur avait même tendance à agacer un certain nombre de personnes. J’ai appris ensuite que derrière chaque clown, il y avait souvent un être fragile et que le besoin de rire et de faire rire était souvent une tentative de s’éloigner de ce mal être latent. Aujourd’hui, j’ai conservé mon humour mais il a bien changé, il est beaucoup plus noir et cynique. J’ai tendance à ironiser sur des situations qui ne font pas rire beaucoup de gens. Un médecin m’a d’ailleurs spontanément indiqué que l’on sentait au travers de mon humour l’expression d’une souffrance profonde.

Mais revenons en à mon enfance. J’en ai un certain nombre de souvenirs. La thérapie consiste souvent à essayer de rechercher dans son passé les causes d’un trouble actuel. C’est pourtant souvent une quête infinie car derrière un début d’explication ou d’hypothèse, il se cache d’autres raisons qui en ont elles mêmes encore d’autres. On peut ainsi tirer très loin la bobine de fil et se perdre à tenter de trouver les origines d’un trouble qu’il est pourtant impossible à résumer à un événement ou une situation.

Prenons un exemple. Une personne très timide à l’âge adulte pourra par exemple avoir été dans son enfance confrontée à un manque d’exposition sociale. Ce manque d’exposition n’est pas de son fait mais plutôt de celui de ses parents. Les parents n’ont parfois pas le temps de confronter leurs enfants de manière suffisamment régulière au monde extérieur, que cela soit par la rencontre de la famille, d’amis ou la pratique de loisirs en groupe. Mais en réalité, derrière ce manque de temps qui entraîne un manque d’opportunités, il se cache un choix de priorités pas forcément toujours très conscient. Les parents peuvent être très pris par leur emploi ou consacrer une partie plus importante de leur budget à une maison plutôt que d’investir dans la pratique de loisirs. Si je pousse encore plus loin le raisonnement, on arrive sur le fait que les parents peuvent ressentir un besoin d’obtenir une reconnaissance sociale au travers d’une réussite professionnelle et que celle-ci n’implique pas directement l’épanouissement des enfants. Ce besoin de reconnaissance professionnelle peut être la conséquence d’un manque de reconnaissance lors de leurs études ou de leur enfance de la part de leur entourage. Vous voyez comme on peut trouver des causes très lointaines à un problème important des décennies plus tard. Cependant, ce n’est qu’un exemple et il ne faut pas généraliser.

En regardant mon enfance de manière objective, je crois que l’on peut dire que j’avais presque tout pour être heureux : un environnement agréable, une famille nombreuse et un niveau scolaire correct. Finalement, à part la présence et l’affection de mes parents, il ne m’a pas manqué grand chose. Je n’ai pas connu de grand traumatisme avant mon adolescence. Tout cela pour dire, que la dépression ne commence pas à la sortie du ventre de sa mère. En revanche, je crois qu’un certain nombre de facteurs de risque peuvent se développer ou au contraire être diminués au cours de l’enfance.






2 commentaires sur “Tout allait bien”

  1. lisa dit :

    je ne peux pas donner mon vrai prénom ni adresse mais j’èspère que se site m’aidera . j’ai tout pour etre heureuse une soeur jumelle sympas et une famille plutot aisée mais une raison de ma tristesse est le fait que le gouvernement est très injuste et mon père peut perdre son travail. j’espère que ca s’arrengera mais je n’y crois plus. j’ai perdu toute ma gaitée ma qui souriait tout temps…j’ai besoin d’aide mais mon psy ne me fait aucun effet je suis toujours aussi triste. Comment faire?

  2. moi dit :

    Tu dis que tu as tout pour être heureuse mais tu ne sembles pas l’être. Il y a donc des choses dans ta vie qui ont un impact négatif supérieur aux choses positives qui devraient créer le bonheur en toi.
    Ne cède pas au découragement, la vie est longue. Le temps est en général le meilleure des remèdes aux chutes de moral.

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