Une maladie physio-psychologique



La dépression est, comme beaucoup de maladies, d’autant mieux prise en charge qu’elle est diagnostiquée et traitée de manière précoce. Malheureusement, diagnostiquer une dépression n’est pas comme diagnostiquer une grippe. Les symptômes peuvent varier d’un patient à un autre et ils ne sont pas forcément évidents à voir tant que l’état ne s’est pas vraiment dégradé.

Tout le monde peut potentiellement être touché par la dépression, quelque soit son milieu social, son âge et son sexe. Cependant, il existe des facteurs de risque. Le fait d’avoir une personne dépressive dans son ascendance (parents ou grand parents) est semble-t-il un facteur de risque. Néanmoins, tous les enfants de dépressifs ne sont pas dépressifs. Je pense que l’environnement et le vécu sont très importants. Une personne ayant vécu des événements douloureux (perte d’un parent, divorce des parents, maladie grave, agression, accident, etc…) dans son enfance aura un risque accru de dépression. Enfin, l’impact du patrimoine génétique par rapport au vécu n’est pas clairement défini. En effet, est ce que c’est le fait de partager les mêmes gènes que ses parents qui nous prédispose à la dépression ou est ce que c’est plutôt le fait d’avoir été à leur contact et d’avoir partagé leur vécu de dépressif? N’étant pas généticien, je me garderai bien de me lancer dans une réponse tranchée à ce sujet.

J’ai cependant entendu une fois une explication très intéressante d’un spécialiste qui indiquait que le patrimoine génétique avait une influence sur la sécretion de sérotonine. La sérotonine est un acide aminé qui sert de neurotransmetteur. Les neurotransmetteurs permettent le passage d’information entre les neurones à l’intérieur de notre cerveau. Chaque neurotransmetteur véhicule une information ou une action bien spécifique (son, lumière, mouvement, etc…). La sérotonine serait un neurotransmetteur ayant une action sur la modulation de l’humeur. Un déficit en sérotonine peut donc avoir une influence sur la régulation de l’humeur et donc la dépression. C’est pour cela que l’on utilise certaines thérapies à base d’inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine afin d’augmenter le taux de sérotonine dans le cerveau pour traiter le patient dépressif. L’inhibition sélective des récepteurs post synaptiques permet d’augmenter le taux de sérotonine. D’autres thérapies (tricycliques, inhibiteur des monoamine oxydases, inhibiteur sélectif de recapture de la sérotonine et la noradrénaline) existent et sont efficaces suivant le trouble ciblé (anxiété, touble obsessionnel compulsif, dépression, etc…). Tout cela pour dire que bien que la dépression soit souvent associée à un trouble psychologique, il existe néanmoins des facteurs physiologiques ayant une influence et sur lesquels les médicaments peuvent avoir une action directe.

L’aspect psychologique de la dépression peut être traité au moyen de la psychothérapie. Il en existe plusieurs variantes plus ou moins actives qui conviendront suivant le trouble et le stade de la maladie.

Après plus de 15 ans de différentes psychothérapies et de traitements médicamenteux variés pour venir à bout de ma dépression de manière durable, je suis convaincu que l’on ne peut dissocier une thérapie orientée sur le trouble psychologique d’un traitement médicamenteux.

Il est relativement simple d’aller voir un médecin généraliste et de se faire prescrire des anti dépresseurs. Dans le meilleur des cas, cela permettra de masquer pendant quelques temps la souffrance psychologique en régulant l’humeur. Mais une fois le traitement arrêté, si le problème de fond n’a pas été traité, c’est la rechute assurée au premier événement déclenchant.

De la même manière, suivre une thérapie psychologique sans prendre aucun traitement peut être long et douloureux lorsque l’on est confronté de plein fouet à ses problèmes. La parole est un très bon remède mais lorsque l’âme brûle, ce n’est pas toujours suffisant. Les médicaments permettent de garder la tête hors de l’eau et de passer un cap. Ils ne sont pas indispensables mais je sais que dans certaines situations, ils sont un support efficace.

La dépression est un cercle vicieux entre le corps et la pensée. Nos pensées douloureuses vont avoir un impact négatif sur le corps (trouble du sommeil, de l’apétit, etc…) et ces troubles physiologiques vont entretenir et amplifier nos pensées douloureuses. Il faut donc à un moment trouver une solution à l’un ou l’autre des aspects (voire les deux) pour rentrer dans le cercle vertueux de la rémission. Si l’on arrive à supprimer le trouble du sommeil ou de l’apétit, le corps va se sentir mieux et nos pensées vont évoluer. Si on arrive à trouver une ouverture pour remettre en cause nos pensées douloureuses, le corps petit à petit va se dénouer. C’est toujours très spectaculaire de ressentir cette sortie du tunnel quand le corps se relâche sous l’effet de l’évolution de nos pensées.

C’est en cela que la dépression est une maladie très complexe. Pensées et émotions sont liées. Il faut réussir à agir sur l’un pour faire évoluer l’autre et rétablir un équilibre de vie. On peut agir sur les pensées grâce à la thérapie psychologique et sur le corps grâce aux médicaments. Le choix des deux faces de ce traitement relève d’un spécialiste qui est le seul capable de diagnostiquer l’ampleur du mal physiologique et psychologique et de trouver une réponse appropriée. Il faut aussi bien voir que dans certains cas, la dépression psychologique peut être causée au départ par une maladie purement physique (Sida, Sclérose en plaques, etc…) et non un trouble du comportement.

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10 Responses to Une maladie physio-psychologique

  1. Sophie says:

    Je ne sais pas si quelqu’un a déjà vécu ce que je vis ou connait quelqu’un qui est ou a déjà été dans cette situation. Il se trouve qu’actuellement je suis tellement dans un état d’angoisse que la moindre chose que je prévois de faire et que j’essaye de faire me rend malade.
    Du coup je reste prostrée, mon corps est tout raide surtout mes jambes et ma tête fourmille…
    Je vois déjà une psychiatre et je pense qu’il faudrait que j’aille voir quelqu’un qui pratique soit la sophrologie soit le shiatsu afin de m’aider à me détendre car là mon quotidien je n’arrive absolument pas à le gérer qu’en pensez vous?
    Avez-vous déjà essayer des choses de ce genre?

  2. marie ange says:

    sophie je me retrouve dans tes écrits et en plus je somatise énormement …..pour moi le sport m’a aidé …mais je retombe dans un impasse de ma vie ou je me sent mal …je me force …essaie ..

  3. Sophie says:

    Marie-ange,

    En effet j’ai repris le sport ça m’aide à sortir mes émotions négatives. Je réussi à avoir une vie « normale » depuis que je prend des anti dépresseurs cela me permet de réaliser mes activités quotidiennes. Et pourtant je sais que le fond de mon mal être n’est pas guéri c’est pour cela que je continue ma thérapie. Plus ça va plus je chemine vers le mieux être je lis beaucoup de livres de psychologie ce qui m’aide à me poser des questions et donc à avancer mais toute seule le cheminement vers le mieux être n’est pas évident car au fond de nous est ancré un mal être dont on n’a pas ou peu concsience. Ma dépression est cyclique je n’est pas encore trouvé la raison à cela c’est à dire que à partir du 20 d’un mois jusqu’à environ le 5 du prochain mois mes crises d’angoisses reviennent et quand je me projette dans l’avenir je me sens incapable de réaliser ce que je veux atteindre. Alors que les autres jours je me sens confiante prête à tout pour atteindre mes ambitions. J’ai l’impression que ma situation est un soufflé…
    Bon courage Marie-ange! il faut malheureusement essayer de se forcer même si c’est vraiment pas évident….

  4. Sophie says:

    Des news de moi…
    La dernière fois que j’ai vu ma psy elle m’a dit que j’avais un symdrôme prémenstruel.
    Car en effet ma période down est toujours au même moment du mois.
    Et d’ailleurs je suis dans ma semaine de bas en ce moment même!
    Je prend mes anti-dépresseurs et me fait toujours suivre par une psy.
    Parfois j’ai l’impression que mes anti-dépresseurs ne servent à rien dans le sens où je me dis que je ne suis pas malade et pourtant si car sans eux je crois que ce serait pire c’est à dire comme avant avec de fortes pulsions suicidaires. Mais malgré tout ils ne m’empêchent pas de faire des crises d’angoisses.
    Mes crises d’angoisses sont dues je pense à mon sentiment d’incapacité et bizarrement je sais au fond de moi que je ne suis pas une incapable….
    Elle est vraiment difficile cette maladie on ne peut la comprendre que quand on passe par là…malheureusement…mais d’un autre côté je me dis toujours qu’à quelque part malheur est bon car elle me permet de faire le point sur moi, mes pensées, mes envies réelles…
    En tout cas bon courage à tous!

  5. dominique f says:

    Bonjour
    j ai commencé ma dépression à l age de 9 ans suite à un changement d école car j étais trop dissipée et on m a puni en me mettrant avec un instituteur presque SM. Cela date de fin des années 60.
    Maintenant, j espère que c est homme serait radié du systéme éducatif.

    Je voulais me suicider tous les soirs durant une année et suite à cela, je suis restée très fragile.
    Ai vu psychiatre qui m ont dit que j étais bien structurée…
    Bref, en 2003, alors qu il y avait la canicule à 40 degré, je grelottai de froid, je devenais dingo
    J ai appelé mon médecin et m a expliqué que j étais comme une diabétique qui a besoin d insuline, je devais prendre des cachets pour faire circuler la sérotonine.
    Bref, depuis aout 2003, je prends des anti dépresseurs, et je vis normalement.
    je me dis tous les jours ‘ que du bonheur’ alors que j ai passé 33 ans avec beaucoup beaucoup de bas, envie de suicide, forte déprime
    j espere que ce mail vous aidera
    aidons nous
    merci à vous qui avez fait ce blog
    dominique

  6. Sophie says:

    Je suis dans ma période noire cyclique.
    Et comme à chaque fois que je me retrouve dans le bas je ne vois pas d’issue à mes projets…hier j’étais tellement énervée contre moi même de me laisser aller, que je suis venue à me demander pourquoi mon mari est actuellement avec moi une malade qui se laisse aller et donc pas sexy…j’ai peur que ma maladie lui pèse et qu’il aille voir ailleurs pourtant je sais qu’il ne ferait pas ce genre de chose car il est issu d’une famille de divorcés et ne veut pas reproduire cela.
    Mon moment de colère a été bref. Il m’a semblait être inconsciente. J’ai commencé à jeter des truc et à les taper…mes gestes étaient incontrôlés et ont semblaient excessifs à mon mari. Qui m’a d’ailleurs dit de me calmer fermement. Suite à cette réflexion j’ai réalisé que je ne comprenais pas pourquoi j’agissais ainsi. Je me sens vouée à l’échec.
    Je ne crois plus en moi ni aux compliments de mon mari. Et donc en ses sentiments et pourtant je sais qu’il tient à moi( je sais ça semble paradoxal)…J’ai vraiment l’impression d’être un fardeau pour lui…
    Je ne me vois pas accomplir quoi que ce soit année de productif. Je ne me vois pas en train de reprendre un boulot…et pourtant je pense qu’une activité me serait utile mais je m’en sens totalement incapable…
    Je ne sais pas vraiment mettre des mots sur mon malaise et mon mal être…je me sens totalement au fond du gouffre…
    Hier après avoir eu ce moment de colère j’ai eu envie de mettre en œuvre mon suicide. J’ai réussi à me maîtriser je ne sais comment…je ne penser qu’à ça pourtant…
    Mon mari était en congé hier ma colère est survenue peu de temps avant le moment du repas…je suis partie dans la chambre pour me calmer mais j’avais une envie forte de mettre fin à mes jours une envie forte de m’étrangler. Au moment du repas j’ai rejoint mon mari à table avec toujours cette envie de m’étrangler ou bien de m’égorger avec le couteau qui était devant moi…
    Pensez-vous que je devrai rependre une activité ou me laisser une année pour essayer d’y voir plus clair et me guérir???…

  7. moi says:

    Je pense que tu devrais consulter pour te faire aider. Seule, c’est trop dur…

  8. Eden says:

    Bonjour, je ne sais pas si je suis vraiment déprimée… Il y a des jours je suis vraiment triste que j’en pleure. D’autres je suis vraiment contente que j’en ris.
    Une personne m’a insulté, d’habitude je n’aurais jamais fondu en larmes, mais là si. Je me suis lachée « J’en est marre de cette vie, lachez-moi ». Comment savoir si je suis vraiment déprimée ?

  9. moi says:

    Bonjour, le meilleur moyen de le savoir est d’aller consulter pour avoir un diagnostic précis…

  10. Eden says:

    D’accord, merci du conseil.

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